Ces 3 Erreurs Fréquentes Liées à l’Intimité Peuvent Augmenter le Risque de Cancer du Col de l’Utérus Chez les Femmes
Le cancer du col de l’utérus se distingue comme l’un des rares cancers dont la prévention est presque totale, à condition d’une sensibilisation adéquate et d’une action précoce. Sa cause principale est une infection persistante par des souches à haut risque du virus du papillome humain (VPH), un virus sexuellement transmissible extrêmement courant. Bien que l’infection par le VPH soit très répandue – la plupart des personnes sexuellement actives y sont exposées à un moment donné de leur vie – certaines habitudes quotidiennes au sein de la vie intime et des relations peuvent significativement accroître la probabilité que l’organisme d’une femme ne parvienne pas à éliminer le virus. Cette persistance virale, s’étalant sur des années, peut alors provoquer des altérations cellulaires menant au cancer du col de l’utérus.
Ci-dessous, nous explorons les trois erreurs les plus fréquentes, souvent sous-estimées, en matière d’intimité et de relations, que la recherche associe de manière constante à un risque accru de cancer du col de l’utérus chez les femmes.
1. L’Absence d’Utilisation Systématique du Préservatif (Même dans les Relations Monogames à Long Terme)
Pourquoi c’est important
Même au sein de mariages ou de partenariats établis de longue date, le VPH peut demeurer présent ou être réintroduit. De nombreux couples cessent d’utiliser des préservatifs une fois leur relation devenue monogame. Or, le VPH peut rester en sommeil dans l’organisme pendant des années, voire des décennies, rendant possible une réinfection ou une réactivation du virus.
Données clés de la recherche
Les études démontrent qu’une utilisation régulière et correcte du préservatif diminue le risque d’infection persistante par le VPH de 50 à 70 %, y compris chez les couples stables. C’est l’infection persistante par le VPH à haut risque qui entraîne réellement les modifications cellulaires du col de l’utérus, et non la simple infection initiale. Les couples qui utilisent rarement ou jamais le préservatif présentent des taux significativement plus élevés d’infections persistantes par le VPH et, à terme, de lésions précancéreuses.
Il est conseillé d’utiliser le préservatif de manière systématique lors de nouvelles relations, en cas de suspicion d’exposition, ou si l’un des partenaires présente des verrues génitales visibles ou un diagnostic récent de VPH. Même dans les relations à long terme, une utilisation occasionnelle du préservatif peut contribuer à réduire la charge virale et le risque de transmission.
2. Avoir Eu Plusieurs Partenaires Sexuels au Cours de sa Vie (Surtout si le Mari en Avait Beaucoup Avant le Mariage)
Pourquoi c’est important
Plus un homme a eu de partenaires sexuels au cours de sa vie, plus la probabilité qu’il ait été exposé (et potentiellement porteur) à des souches de VPH à haut risque est élevée, même en l’absence de symptômes. Le VPH est un virus extrêmement répandu : environ 80 % des personnes sexuellement actives l’acquièrent à un moment donné. Les hommes peuvent être porteurs et transmettre le virus de manière asymptomatique pendant des années.
Données clés de la recherche
De vastes études de cohorte, y compris la mise à jour de 2023 du Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), révèlent que les femmes mariées à des hommes ayant eu un nombre plus élevé de partenaires sexuels au cours de leur vie présentent un risque significativement accru d’infection persistante par le VPH et de cancer du col de l’utérus. Ce risque augmente considérablement lorsque le mari a eu six partenaires ou plus avant le mariage.
Mesure pratique

Des conversations ouvertes et sans jugement sur l’historique sexuel peuvent aider les couples à mieux appréhender les risques et à choisir les mesures de protection appropriées (préservatifs, vaccination contre le VPH pour les partenaires éligibles, dépistage régulier). La vaccination contre le VPH (Gardasil 9) est désormais approuvée jusqu’à l’âge de 45 ans dans de nombreux pays. Même si un homme est déjà porteur de certaines souches, le vaccin offre une protection contre d’autres.
3. Le Retard ou l’Omission du Dépistage Régulier du Col de l’Utérus (Test Pap / Dépistage VPH)
Pourquoi c’est important
La méthode la plus efficace pour prévenir les décès liés au cancer du col de l’utérus est sans conteste le dépistage régulier. Les infections par le VPH à haut risque peuvent être détectées et surveillées bien avant qu’elles ne provoquent un cancer. Si des modifications précancéreuses sont identifiées à un stade précoce, elles sont presque toujours traitables grâce à des procédures simples réalisables en cabinet médical.
Données clés de la recherche
Les pays dotés de programmes de dépistage robustes (co-test Pap + VPH tous les 3 à 5 ans) ont réussi à réduire la mortalité par cancer du col de l’utérus de 70 à 90 %. Les femmes qui négligent le dépistage pendant 5 à 10 ans ou plus courent un risque considérablement accru d’être diagnostiquées à des stades avancés de la maladie.
Mesure pratique
Les femmes âgées de 25 à 65 ans devraient suivre les recommandations actuelles en matière de dépistage :
- Un test VPH primaire tous les 5 ans (méthode privilégiée dans de nombreuses régions)
- OU un frottis cervical (test Pap) tous les 3 ans
- OU un co-test (test Pap + VPH) tous les 5 ans
Si le résultat est positif au VPH mais qu’aucune cellule anormale n’est détectée, un suivi régulier est généralement suffisant. Encouragez votre épouse ou votre partenaire à planifier son prochain dépistage ; beaucoup de femmes le repoussent par crainte, gêne, ou en pensant “Je me sens bien”.
En Résumé
Le cancer du col de l’utérus est l’un des cancers les plus évitables, à condition que les femmes bénéficient d’un dépistage régulier et que les couples réduisent les risques de transmission. Les trois habitudes liées à la vie intime qui augmentent le plus ce risque sont :
- L’utilisation irrégulière du préservatif (y compris dans les relations à long terme)
- Le fait que le mari ait eu plusieurs partenaires sexuels au cours de sa vie avant le mariage
- L’omission ou le report du dépistage régulier du col de l’utérus par la femme
Actions Concrètes à Entreprendre Dès Aujourd’hui
Engagez une conversation sereine et bienveillante avec votre épouse au sujet du dépistage cervical ; proposez de l’accompagner ou de l’aider à prendre rendez-vous. Si vous êtes tous deux monogames et n’avez pas eu de nouveaux partenaires récemment, discutez de l’intérêt d’une utilisation occasionnelle du préservatif pour une protection supplémentaire. Si l’un de vous n’a pas encore reçu le vaccin contre le VPH et est éligible, il est recommandé d’envisager cette protection.